
Un implant sans fil permet à Vincent de se tenir droit après une lutte de toute une vie.
Vincent, 20 ans, est devenu le premier patient au Canada à bénéficier d’une technologie médicale d’avant‑garde: une tige métallique électronique implantée dans son fémur permet de rallonger sa jambe grâce à une télécommande.
Né avec une jambe droite plus courte de 15 centimètres, Vincent a toujours porté des chaussures à semelles compensées pour marcher. Enfant, certains médecins suggéraient même que l’amputation serait la meilleure option.
Toutefois, avec la technologie sans fil, la situation a radicalement changé. Insérée directement dans son fémur, la tige électronique est dotée d'un capteur et d'un moteur interne. Trois fois par jour, Vincent place un dispositif externe rond contre sa peau, exactement à l’endroit où se trouve l’implant. Une impulsion électrique synchronise les deux appareils et active l’allongement millimétré de la tige.
L'intervention du Dr Mitchell Bernstein, chirurgien orthopediste était la troisième opération majeure de Vincent. Cette fois, toutefois, la technologie semblait tout droit sortie d’un film de science‑fiction.
« C’est comme recharger un téléphone ou une montre sans fil », explique le Dr Bernstein. « Une fois la connexion établie, l’électricité alimente le moteur à l’intérieur de la tige, qui s’allonge. »
Traditionnellement, l’allongement des membres se fait à l’aide de fixateurs externes tenus par des broches traversant la peau — une méthode efficace, mais douloureuse et sujette aux infections. Avec la technologie sans fil, ce risque disparaît.
« Nous avons éliminé toutes les infections associées aux broches, parce que plus rien ne sort de la peau », souligne le Dr Bernstein. « C’est un véritable changement de paradigme et la vie de Vincent en a été transformée. ».
Depuis l’opération, la jambe droite de Vincent s’est allongée de 4,5 centimètres. À chaque activation, l’os se reforme autour de la tige, permettant au membre de gagner progressivement en longueur. Bien que sa jambe demeure enflée, elle atteindra très binetôt la même longueur que sa jambe gauche.
Pour Vincent, les possibilités qui s’ouvrent sont immenses.
« Je vais pouvoir apprendre à patiner, je ne pensais pas pouvoir le faire un jour. »
Vincent, qui veut devenir électricien, confirme que cette technologie est beaucoup moins douloureuse et contraignante que les fixateurs externes utilisés lors de ses deux premières chirurgies.
Après des années de suivis orthopédiques et d’interventions lourdes, Vincent voit enfin la lumière au bout du tunnel. L'inégalité entre ses deux jambes est désormais minime et il n’a plus besoin de semelles de compensation. Si tout se déroule comme prévu, la tige pourra être retirée cet été.
« C’est un gros investissement, mais ça va tout changer», raconte-t-il, déjà impatient d’apprendre à patiner et à courir.

Une paire de souliers de Vincent repose sur les marches. Crédit photo : Journal de Montréal
