Célébration de quatre médecins des Hôpitaux Shriners pour enfants à l’occasion de la Journée nationale des femmes médecins

La Dre Sarah Nossov fait la démonstration d’un appareil à la famille d’un patient lors d’un appel vidéo.
Née en 1821, Elizabeth Blackwell est devenue la première femme aux États-Unis à obtenir un diplôme de médecine. Elle a été diplômée du Geneva Medical College en 1849. Aujourd’hui, son anniversaire, le 3 février, est célébré comme la Journée nationale des femmes médecins en son honneur et celui d’autres comme elle qui ont ouvert la voie à d’innombrables femmes dans le domaine médical aujourd’hui. Elles ont contribué à accroître la diversité, à réduire les écarts en matière de rémunération et à relever d’autres défis urgents dans un domaine autrefois dominé par les hommes.
Pour rendre hommage à ces femmes et célébrer la Journée nationale des femmes médecins, nous avons décidé de nous entretenir avec quatre femmes médecins des Hôpitaux Shriners afin de connaître leur parcours professionnel.

Dre Kavitha Ranganathan est chirurgienne plastique et co-directrice de l’équipe des soins aux fentes et lésions cranio-faciles à l’Hôpital Shriners pour enfants de Boston.
Dre Kavitha L. Ranganathan
Pourquoi avez-vous décidé de faire carrière aux Hôpitaux Shriners?
Faire carrière aux Hôpitaux Shriners était l’un de mes rêves. J’ai toujours adhéré à l’idée de fournir des soins médicaux de la plus haute qualité possible, indépendamment de la capacité de paiement des familles ou de leur couverture d’assurance, de manière à rendre les soins abordables pour les patients, et c’est précisément la mission des Hôpitaux Shriners. Être aux Hôpitaux Shriners et fournir des soins aux fentes labiales et aux lésions cranio-faciales est un rêve devenu réalité.
Qu’est-ce qui vous a inspirée à devenir médecin, et qu’est-ce qui vous a attirée vers les soins cranio-faciaux?
J’ai toujours su que je voulais être médecin. Depuis l’âge de 2 ans, j’accompagnais mon père à l’hôpital, car il était neurologue. J’ai pu constater l’impact qu’un médecin peut avoir en se concentrant sur le soulagement de la souffrance. Et c’est ainsi que j’ai été conquise dès mon plus jeune âge. Je n’aurais jamais pensé vouloir devenir chirurgienne. Je voulais être pédiatre.
Mais lorsque j’étais en Inde, ma grand-mère est décédée des suites de brûlures, et je me suis occupée d’elle pendant cette période. Après cela, j’ai passé du temps avec mon oncle en Inde, qui est chirurgien plastique pédiatrique. En voyant la satisfaction immédiate que procure la réparation d’une fente labiale et ce que cela signifie pour cet enfant, il n’y avait plus de retour en arrière possible. C’est ce qui m’a ultimement menée à la chirurgie plastique, étant donné mon expérience avec les brûlures et ma grand-mère. Puis, la chirurgie plastique pédiatrique, en voyant ce que cela signifiait de réparer une fente labiale.
Qu’est-ce qui vous motive au quotidien?
La recherche de la perfection me motive. Chaque fois que j’opère l’un de ces enfants, je vois mon propre enfant devant moi. J’essaie d’aborder chaque enfant avec le même niveau d’attention que je souhaiterais pour le mien. Mais, au-delà de cela, je suis obsédée par l’idée d’obtenir un résultat parfait pour mes jeunes patients. C’est donc honnêtement ce qui me tient réveillée la nuit et ce qui me permet de continuer, de jour comme de nuit.
Quels conseils donneriez-vous à d’autres jeunes femmes qui envisagent une carrière en médecine?
Mon principal conseil aux autres femmes intéressées par ce domaine est le suivant : on vous dira peut-être que vous n’avez pas l’air d’une chirurgienne. On vous dira peut-être que vous n’êtes pas faite pour être chirurgienne. On vous dira peut-être que vous êtes trop gentille pour être chirurgienne. Au final, vous pouvez décider si ces commentaires vous motivent ou vous découragent. Alors, si vous voulez vraiment atteindre l’objectif que vous vous êtes fixé, trouvez un moyen de faire abstraction des commentaires et laissez tous ces moments de doute alimenter votre succès.
Quel moment de votre carrière a été particulièrement significatif pour vous?
Je crois que le moment le plus significatif est celui où je vois mes protégés réussir. Je crois que j’ai toujours eu envie de rendre la pareille, mais je n’aurais jamais imaginé qu’un jour je serais dans une telle position, celle d’être un modèle pour quelqu’un d’autre. Et enfin, le fait de pouvoir aider les gens à atteindre leurs propres objectifs a été un moment vraiment fort pour moi.
Vous avez cité des membres de votre famille comme étant certains de vos modèles. Comment vous ont-ils influencée tout au long de votre parcours?
Je dois assurément ma réussite à des géants, et mes parents et ma famille en sont la composante la plus essentielle. Mes parents m’ont inculqué, dès mon plus jeune âge, l’importance de rendre service à sa communauté. Mon père offrait des cartes-cadeaux pour l’épicerie et autres choses de ce genre à ses patients, et je fais la même chose pour les miens maintenant. Leur niveau de service a donc été primordial et a véritablement constitué le fondement sur lequel j’ai grandi.
Pour que je puisse faire ce que je fais, mon mari et ma fille sont des éléments essentiels. Je suis très reconnaissante de leur soutien, car sans eux, je ne pourrais absolument rien faire de ce que je fais aujourd’hui.
Quels défis avez-vous rencontrés en tant que femme dans le domaine médical, et comment ont-ils contribué à faire de vous la personne que vous êtes aujourd’hui?
Je crois que l’un des plus grands défis que j’ai dû relever est lié à la notion d’intégration. Avec le temps, j’ai compris que je ne m’intégrerai jamais vraiment, mais ce n’est pas grave. Peut-être que mon superpouvoir est de ne pas m’intégrer. On m’a toujours dit que j’étais trop gentille, puis trop intense, puis trop jeune, et enfin trop vieille. Le fait d’être « trop » et ensuite de ne pas être « assez » continue aujourd’hui. Je pense que le fait de ne pas m’intégrer a été, au départ, l’un des plus grands défis auxquels j’ai été confrontée.
Ce que je vois maintenant, c’est que le fait de ne pas me conformer est mon superpouvoir. Cela m’aide à comprendre ce que vivent mes patients, ce que vivent les autres mères, ce que vivent les pères. Je pense que lorsqu’on est différente, on est en phase avec un ensemble de valeurs et d’expériences complètement différent. Être marginale est probablement l’un des plus beaux compliments que je puisse me faire.

La Dre Tina Palmieri est chirurgienne générale et cheffe du département des grands brûlés à l’Hôpital Shriners pour enfants de la Californie du Nord.
Dre Tina Palmieri
Qu’est-ce qui vous a inspirée à devenir médecin, et qu’est-ce qui vous a attirée vers votre spécialité?
Je suis devenue médecin parce que je voulais contribuer à améliorer la vie des gens. Être médecin spécialiste des brûlures me permet justement de faire cela. Les brûlures bouleversent souvent la vie d’une personne. En tant que chirurgienne des brûlures, j’ai le privilège de travailler en collaboration avec mes patients pour envisager ce qu’ils veulent et ce qu’ils peuvent devenir, puis de les aider à y parvenir.
Qu’est-ce qui vous motive dans votre travail aujourd’hui?
Ma motivation vient de notre équipe de soins aux brûlures, qui regroupe des médecins, des infirmières, des thérapeutes, des travailleurs sociaux, des intervenants, des diététiciens, des psychologues et bien d’autres personnes encore. Nous travaillons ensemble pour aider les personnes victimes de brûlures non seulement à survivre, mais aussi à s’épanouir.
Quel est votre aspect préféré du métier de médecin?
J’ai la chance de diriger la meilleure équipe médicale de l’hôpital : l’équipe des grands brûlés.
Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui aimeraient faire carrière en médecine?
Trouvez le métier qui vous passionne. Si vous aimez ce que vous faites, non seulement vous serez meilleure dans ce domaine, mais vous serez aussi plus heureuse.
Quel moment de votre carrière a été particulièrement significatif pour vous?
Deux moments ont vraiment compté. La première fois, c’était lorsqu’un enfant de 4 ans, gravement brûlé, est revenu à la clinique, a couru vers moi et m’a serrée très fort dans ses bras. La deuxième fois, c’était lorsqu’une jeune fille gravement brûlée est revenue en visite des années plus tard, souriante, son bébé dans les bras. Non seulement elle a survécu à ses brûlures, mais elle a mené une vie heureuse et pleine de sens. Il n’y a pas de plus grande récompense que de voir ses patients réussir.
Avez-vous eu un mentor ou un modèle qui a influencé votre parcours?
J’ai eu de nombreux mentors au fil des ans, et chacun d’eux a marqué ma vie. Durant ma résidence en chirurgie, l’un de mes mentors m’a donné un conseil avisé : « Pour être un bon médecin, il faut travailler dur, être honnête et faire passer le patient en premier. Le reste suivra. » Il avait raison.
Quels défis avez-vous rencontrés en tant que femme médecin, et comment vous ont-ils façonnée?
Quand j’ai commencé à travailler dans le domaine des grands brûlés, il n’y avait pas beaucoup de femmes qui pratiquaient la chirurgie, et encore moins la chirurgie des brûlures. Le conflit était inévitable. La manière dont vous choisissez de gérer les conflits détermine en fin de compte l’issue. Mes difficultés m’ont appris à développer une approche collaborative de la médecine, de la résolution de problèmes et de la gestion des conflits. Ma méthode consiste à écouter les autres et à élaborer un plan gagnant-gagnant chaque fois que c’est possible, mais à toujours défendre ses valeurs fondamentales.

Dre Shubhra Mukherjee, FRCPC, est spécialisée en médecine physique et de réadaptation. Elle est directrice médicale des services de réadaptation de l’Hôpital Shriners pour enfants de Chicago.
Dre Shubhra Mukherjee, FRCPC
Qu’est-ce qui vous a inspirée à devenir médecin, et qu’est-ce qui vous a attirée vers votre spécialité?
J’ai toujours été intéressée par le travail auprès des enfants et attirée par les activités qui permettraient de soulager leurs souffrances. J’ai découvert la médecine de réadaptation pédiatrique lors d’une étude de recherche estivale sur les nouveaux cas de poliomyélite dans des villages en Inde, en tant qu’étudiante en médecine en séjour de recherche. À mon retour au Canada, j’ai cherché plus d’informations sur le domaine de la médecine de réadaptation pédiatrique. Et j’ai tout aimé à ce sujet. J’ai apprécié le mélange de neurologie et d’orthopédie, ainsi que l’accent mis sur la fonction. J’adore voir les enfants vivre pleinement leur vie!
Qu’est-ce qui vous motive dans votre travail aujourd’hui?
Travailler avec les patients et leur famille sur des problèmes difficiles et œuvrer à la résolution de problèmes complexes. Il faut vraiment tout un village pour aider les enfants comme ceux que l’on voit aux Hôpitaux Shriners.
Quel est votre aspect préféré du métier de médecin?
L’équipe travaille en collaboration avec les patients, leur famille et les autres professionnels de la santé. Résoudre des problèmes complexes avec une équipe fantastique est tellement gratifiant! Nous avons ici tellement de personnes possédant des années d’expérience.
Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui aimeraient faire carrière en médecine?
Faites-le si vous aimez vraiment cela. Les systèmes de santé sont soumis à une forte pression, ce qui engendre de la frustration. Cela en vaut la peine si vous pouvez aider les gens.
Quel moment de votre carrière a été particulièrement significatif pour vous?
Je suis toujours ravie de rencontrer des personnes qui essaient de faire ce genre de travail : étudiants en prémédecine, étudiants en médecine, résidents et internes. Travailler avec la prochaine génération et lui transmettre des connaissances qu’elle conservera toute sa vie est enrichissant. C’est une façon de transmettre à mon tour les enseignements de mes mentors.
Avez-vous eu un mentor ou un modèle qui a influencé votre parcours?
J’en ai eu tellement! Des personnes qui m’ont aidée à apprendre dans mon domaine et qui ont fait preuve d’une grande expertise, comme le Dr Joe Watt d’Edmonton et la Dre Deb Gaebler de Chicago. C’est grâce à eux que je suis à Chicago et aux Hôpitaux Shriners pour enfants. Il y a aussi eu d’autres personnes qui étaient politiquement actives et qui militaient pour des améliorations. Mes collègues m’inspirent aussi au quotidien.
Quels défis avez-vous rencontrés en tant que femme médecin, et comment vous ont-ils façonnée?
Concilier travail et vie familiale est un défi qui touche particulièrement les femmes. Le soutien indéfectible de mes proches, à la maison comme au travail, m’a permis de trouver le juste équilibre et d’être à la fois efficace et présente. J’essaie aussi d’aider les gens qui m’entourent à trouver le bon équilibre. La vie familiale et les soutiens en dehors du travail peuvent nous aider à donner le meilleur de nous-mêmes au travail et nous permettre de contribuer à la communauté de différentes manières.

La Dre Sarah Nossov est chirurgienne orthopédique pédiatrique et directrice du programme de reconstruction des déformations et de l’allongement des membres à l’Hôpital Shriners pour enfants de Philadelphie.
Dre Sarah Nossov
Qu’est-ce qui vous a inspirée à devenir médecin, et qu’est-ce qui vous a attirée vers votre spécialité?
Pendant mes études universitaires, j’étais couturière et aussi artiste. À ce moment, je voulais faire le sentier Appalachian Trail. Mais je me suis dit : « Oh la la, je devrais suivre une formation de secourisme en milieu sauvage, au cas où quelque chose tournerait mal. » Alors je l’ai fait. Puis, je me suis dit : « Eh bien, je vais oublier ce que je fais si je ne rejoins pas les services ambulanciers de ma région. » J’ai intégré le service d’ambulances local la semaine du 11 septembre. Et je vivais à New York à cette époque. J’ai donc été très influencée par ce qui se passait et par la façon dont les gens aidaient. Cela m’a amenée à me demander ce que je voulais faire pour aider les gens en difficulté. Je suis allée à l’école de médecine en pensant que je serais intensiviste, mais j’ai vraiment aimé la trois dimensionnalité de l’orthopédie et de l’aspect reconstructif. Cela correspondait parfaitement à mon état d’esprit, qui était déjà entraîné à percevoir les choses de manière artistique.
Qu’est-ce qui vous motive dans votre travail aujourd’hui?
Une partie de cette satisfaction réside dans l’amélioration de mes compétences techniques. Je le constate en relevant des défis complexes et en ayant la ténacité nécessaire pour me lancer dans des projets inédits. C’est passionnant pour moi. Mais aussi, les résultats… Parfois, j’ai du mal à y croire. Les changements que vous pouvez obtenir simplement en redressant une jambe! Je suis motivée par le fait de voir marcher des enfants qui ne pouvaient pas marcher auparavant. Et de les voir si enthousiastes.
Quel est votre aspect préféré du métier de médecin?
Je suis vraiment contente d’avoir choisi la pédiatrie. Interagir avec les enfants et essayer de les rassurer, c’est ce que je préfère. Et ce que je préfère dans mon métier de médecin aux Hôpitaux Shriners, c’est de pouvoir leur dire de ne pas s’inquiéter des coûts. J’ai presque envie de fondre en larmes à chaque fois que je peux leur dire ça.
Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui aimeraient faire carrière en médecine?
Je pense qu’il faut les rassurer en leur disant qu’elles sont capables d’exercer n’importe quel emploi. Et que même si elles ne voient personne faire ce qu’elles font, elles peuvent quand même le faire. Mais parfois, trouver un modèle est utile. Pour certaines sous-spécialités, comme l’orthopédie, cela peut être un peu plus difficile, car le nombre de femmes y est relativement faible. Le fait d’exprimer clairement ce dont on a besoin pour réussir peut aussi être très gratifiant.
Quel moment de votre carrière a été particulièrement significatif pour vous?
Il y avait cette petite fille qui n’avait jamais marché auparavant. Elle n’avait que 3 ans, elle commençait à marcher et elle était très réticente au début. Et elle pleurait, pleurait, pleurait. Je l’ai mise debout et je l’ai fait commencer à faire quelques pas. Elle criait : « Je suis une fille qui marche maintenant! Je suis une fille qui marche! » Et ça m’a brisé le cœur. Je me suis dit : « Ça vaut bien tous ses cris! »
Avez-vous eu un mentor ou un modèle qui a influencé votre parcours?
J’en ai eu quelques-uns. L’un de mes modèles durant ma formation de boursière était Rich Davidson. Il exerce depuis plus de 40 ans et il travaille aux Hôpitaux Shriners depuis de nombreuses décennies. Il ne vient ici qu’une fois par mois maintenant, mais il a été l’un de mes professeurs pendant ma formation. C’est vraiment génial de pouvoir opérer avec lui une fois par mois ici. Il m’a beaucoup soutenue. Et Fran Farley [directrice médicale en chef des Hôpitaux Shriners, bientôt à la retraite] était l’un de mes médecins référents lorsque j’étais à la University of Michigan. Elle était influente, et d’un grand soutien en tant que femme ayant réussi. Elle et Michelle Sugiyama Caird, qui occupe maintenant son poste [directrice du département de chirurgie orthopédique à Michigan Medicine] m’ont soutenue. Je crois même qu’elles ont payé pour que j’aille à une conférence une fois, afin que je puisse prendre de l’avance.
Quels défis avez-vous rencontrés en tant que femme médecin, et comment vous ont-ils façonnée?
Je pense que les femmes perçoivent parfois les choses différemment et gèrent les conflits d’une manière un peu différente. Et quand on est entourée d’un groupe d’hommes, il faut apprendre une autre façon de communiquer. Je pense donc que je suis peut-être devenue une meilleure communicatrice. Ou peut-être ai-je davantage confiance en mes capacités, même si je suis d’un sexe différent de la plupart des personnes qui m’entourent.
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